| Carmen, Arsène Guillot, L'abbé Aubain, etc., etc. | 1 vol. |
| Les Cosaques d'autrefois. | 1 — |
| Dernières Nouvelles. | 1 — |
| Les Deux Héritages. | 1 — |
| Épisode de l'Histoire de Russie. | 1 — |
| Études sur les Arts au moyen âge. | 1 — |
| Études sur l'Histoire romaine. | 1 — |
| Lettres à une Inconnue. Avec une étude par H. Taine. | 2 — |
| Lettres à une autre Inconnue. | 1 — |
| Mélanges historiques et littéraires. | 1 — |
| Portraits historiques et littéraires. | 1 — |
615.81. — Corbeil, Typ. et stér. Crété.
LETTRES
A
M. PANIZZI
I
Cannes, 17 Janvier 1864.
Mon cher Panizzi,
Je ne sais guère de nouvelles de Paris que par les journaux. Je suis fort triste de la tournure que prennent les affaires. D'un côté, les tentatives d'assassinat recommencent ; de l'autre, la discussion de l'adresse s'envenime de jour en jour. Thiers avait bien commencé. Sauf la fin de son premier discours, qui est ou un lapsus linguæ, ou plutôt, je le crains, une complaisance à ses amis de l'opposition, il était parfaitement dans son rôle. Son second discours, qui dément toute sa carrière politique, montre qu'il est à la remorque de ses nouveaux amis. L'âpreté de langage de Favre et ses insolences irritent la majorité au dernier point et la poussent à des vivacités qui, à l'égard d'une faible minorité, sont fâcheuses, mais à peu près inévitables. Que faire avec des gens qui sont déterminés à abuser de toutes les libertés qu'on leur donne? D'un autre côté, comment refuser de parti pris des concessions qui sont justes en principe et presque promises par l'empereur? De tous les côtés, il y a danger.
L'opposition rouge gouverne et est maintenant disciplinée. Elle veut avant tout glorifier la défunte République. Thiers voulait qu'elle portât à Paris M. Dufaure et Odilon Barrot. Ce sont des noms illustres, mais ce ne sont pas des ennemis tout à fait irréconciliables. L'opposition veut Carnot, qui, sous la République, a fait les circulaires détestables que vous savez, et Garnier-Pagès, une des plus grosses bêtes de la même époque. On avait un instant voulu avoir Renan ; mais ses opinions au sujet de Jésus-Christ ont effrayé, car il y a des républicains catholiques, de même qu'il y a bon nombre de prêtres républicains. Tous les fous ont quelque affinité les uns avec les autres.
Voilà l'affaire du Danemark qui paraît entrer dans une phase nouvelle. L'Autriche et la Prusse prétendent l'arranger à elles deux, à leur manière. Les petits États de l'Allemagne ne pourront probablement pas l'empêcher, mais ils s'en vengeront en excitant l'esprit révolutionnaire, qui a des éléments assez nombreux et inflammables surtout en Prusse. Au milieu de toutes ces agitations, la question polonaise a perdu presque toute son importance et sa popularité. L'opposition a renoncé à en faire son cheval de bataille. L'insurrection est, d'ailleurs, presque partout comprimée.