[5] M. Delvane était alors le directeur politique du Times.

J'ai reçu des nouvelles de madame de Montijo, qui a gagné un fort gros rhume à vendre des brimborions à une vente de charité. Elle est mieux à présent, et je vois qu'elle a donné une fête au nouvel ambassadeur de France.

Le pape me semble avoir perdu tout à fait la tête. Avez-vous vu la dernière bulle qu'il vient de publier pour condamner une foule de propositions téméraires qui sont celles de tout le monde, et une autre bulle qui ajoute un demi-cent de saints au calendrier? Je suis sûr que les gens du XVIe siècle auraient bien ri de tant de bêtises ; au XIXe nous avalons tout.

Avez-vous reçu le seizième volume de la Correspondance de Napoléon Ier? Je ne sais si le nouveau président de la Commission, qui n'a jamais été bien renommé pour sa politesse, continuera d'envoyer son œuvre à ceux qui ont déjà reçu les premiers volumes.

Adieu, mon cher Panizzi ; je vous souhaite une bonne fin d'année. Ne mangez pas trop de christmas dinner, et rappelez-moi au souvenir de nos amis.

XXXIII

Cannes, 12 janvier 1865.

Mon cher Panizzi,

La divine providence nous a envoyé un pâté de foie gras de Strasbourg qui nous a particulièrement fait regretter votre absence. J'en ai rarement mangé d'aussi bon, et les truffes qui l'ornaient étaient excellentes.

Le pape est parfaitement drôle, et les évêques qui reprennent la balle ne le sont pas moins. Mais voici un détail que vous ignorez, et qui a quelque valeur historique. Aux yeux de vous autres messieurs les politiques, l'encyclique du Vicaire de Jésus-Christ passe pour une réponse au traité du 15 septembre. Il n'en est rien.