Vous ai-je dit que j'avais fait connaissance de M. Blanchard, qui va s'établir rue de Grenelle? Il m'a montré de jolies aquarelles, des scènes de Russie et d'Asie, qui me paraissent avoir beaucoup de caractère et qui sont faites avec talent et verve.

Je voudrais vous donner des nouvelles; mais je ne vois rien qui mérite d'aller outre-mer. Je suis persuadé que le pape s'en ira avant deux mois, ou que nous le planterons là, ou qu'il s'arrangera avec les Piémontais; mais les choses ne peuvent durer en l'état. Les dévots crient horriblement; mais le peuple et les bourgeois gaulois sont anti-papistes. J'espère et je crois que Isidore partage ces derniers sentiments.

Je vais probablement faire une course de quelques jours dans le Midi, avec mon ex-ministre, pour passer cet ennuyeux temps de Pâques. Vous ne me dites rien de votre santé, de votre teint. Votre santé paraît bonne; je crains que, pour le reste, il n'y ait de la brunissure.

Adieu, chère amie. Je vous remercie bien de la gebira. Revenez bien portante; grasse ou maigre, je vous promets de vous reconnaître.

Je vous embrasse bien tendrement.


[CCXL]

Paris, 2 avril 1861.

Chère amie, j'arrive de mon excursion de la semaine sainte, bien fatigué, après une nuit très-blanche et horriblement froide. Je trouve votre lettre, et je suis bien content d'apprendre que vous êtes de ce côté de la mer. . . . . .

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