[CXXX]

Paris, 13 mai 1848.

J'espérais que vous ne partiriez pas si vite et sans me dire adieu. Je vous avais même écrit hier, espérant vous voir aujourd'hui. Je ne sais pourquoi je ne me réconcilie pas à ce voyage. Mais vous ne me dites pas combien de temps vous prétendez demeurer à boire du lait, et c'était pourtant le point capital. J'aimerais bien que vous fussiez à Paris avec un chapeau neuf pour la réception de jeudi à l'Académie, où les chapeaux neufs seront rares, je le crains. C'est dans un intérêt purement académique que je vous fais cette demande. Dans le mien, je compte sur vous samedi prochain pour une belle promenade. Si vous voulez aller jeudi prochain à l'Académie, faites prendre des billets chez moi jusqu'à midi.


[CXXXI]

Paris, mercredi 15 mai 1848.

Tout s'est passé très-bien, parce qu'ils sont si bêtes, que, malgré toutes les fautes de la Chambre, elle s'est trouvée plus forte qu'eux. Il n'y a ni tués ni blessés, on est fort tranquille. La garde nationale et le peuple sont dans d'excellents sentiments. On a pris tous les chefs des émeutiers, et il y a tant de troupes sous les armes, que, d'ici à quelque temps, il n'y a rien à craindre. J'espère que nous nous verrons samedi. En somme, tout s'est passé pour le mieux. J'ai assisté à des scènes très-dramatiques qui m'ont fort intéressé et que je vous raconterai.


[CXXXII]

27 juin 1848.