Voici une autre variante des paroles de Marie Mancini à Louis XIV qui se trouve dans le manuscrit de Conrart intitulé: Le Palais-Royal ou les amours de Madame de La Vallière: «Le Roi pleura, cria, se jeta aux pieds du Cardinal, l'appelant son père; mais enfin, il était destiné que ces deux cœurs ne s'épouseraient pas. Mlle de Mancini, voyant son amant plus mort que vif, elle ne se sentant pas mieux, lui dit fort spirituellement, montant en carrosse pour partir: «Vous m'aimez, Sire, vous pleurez, vous vous désespérez, vous êtes le Roi, et cependant je pars!»

Marie Mancini est très sobre de détails sur ce célèbre épisode de son histoire: «Voici, dit-elle, l'endroit de ma vie qui offre le plus beau champ à ma plume pour s'étendre sur le penchant favorable que Sa Majesté avait pour moi, comme le bruit en a assez couru dans le monde. Mais ma modestie ne me permet pas d'en parler, non plus que du regret que ce prince eut de mon départ et des larmes dont il l'accompagna, se retirant à Chantilly pour huit jours...»

[95] Mémoires de Madame de Motteville.

[96] «Par ce service elle se trouvait payée de la constance qu'elle avait eue à le maintenir contre les peuples, le parlement, les princes et ses ennemis particuliers.» (Mémoires de Madame de Motteville.)

[97] Voltaire, qu'il est souvent très bon d'avoir de son côté, est tout à fait de l'avis de Mme de Motteville sur les ambitieux desseins que nourrit d'abord le Cardinal au sujet de sa nièce. (Siècle de Louis XIV.)

[98] Mémoires de Madame de Motteville.

[99] Son refus de consentir au vœu du Roi «lui donnait beaucoup de gloire, le sauvait même de beaucoup de honte et des malheurs qui suivent d'ordinaire une entreprise monstrueuse et trop hardie». (Mémoires de Madame de Motteville.)

[100] 29 juin 1659. Voy. à l'Appendice.

[101] Notre-Dame de Cléry, 29 juin 1659.—Lettres de Mazarin, etc. Éd. d'Amsterdam, t. I.

[102] Apologie, etc.