«Dans celles qui étaient récentes nous soutenions les évacuations alvines avec le petit-lait tamariné, le tartrate acidulé de potasse, et le sulfate de magnésie. Malheureusement les militaires viennent presque tous trop tard dans les hôpitaux, et alors la prostration de leurs forces ne permet plus d'évacuer la cause dysentérique, et nous sommes réduits à une pratique symptomatique, par conséquent incomplète et défectueuse.
Il n'est pas rare de découvrir des empâtements, des obstructions, même des hépatites chroniques ou inflammations lentes du foie chez la plupart de ces dysentériques. Ces complications redoutables sont dues à l'influence du climat, à l'excès de l'eau-de-vie, et à l'abus que commettent souvent les soldats en essayant de se resserrer le ventre avec la décoction de grenade.
Nous avons proscrit l'usage de l'opium, comme très nuisible; nous nous contentons, quand il se manifeste de la malignité, de recourir au camphre, et à l'acide sulfurique dulcifié; nous faisons prendre tous les matins du petit-lait avec quelques grains d'acétate de potasse aux malades qui se plaignent de douleurs dans l'hypocondre droit, et dans la journée des bols nitrés et camphrés: ce traitement doux empêche l'inflammation de se développer. Nous ajouterons bientôt les sucs d'herbes au petit-lait. Nous n'avions jamais tant donné de camphre et de nitre, mais nous les voyons agir, sur presque tous nos malades comme résolutifs des engorgements du foie.»
Le citoyen Daure, administrateur habile et actif, qui avait succédé le 1er frimaire an VII au citoyen Sucy, quitta, le 30 vendémiaire an IX, les fonctions d'ordonnateur en chef, et fut remplacé par le citoyen Sartelon, dont nous avons eu autant à nous louer que de son prédécesseur.
Il y eut pendant ce mois des malades dans les différents lazarets, même dans celui du Kaire, et nous perdîmes soixante-cinq hommes, 65 morts.
L'ordre du jour du 1er brumaire portait qu'il serait établi un cours de zootomie près du dépôt des remontes dans l'île de Rhouadah; le citoyen Loir, artiste vétérinaire, était chargé de cet enseignement, et les officiers de santé en chef de l'armée devaient se concerter avec le général-commandant du génie pour l'exécution de cet ordre.
Je chargeai, le 3, le citoyen Renati d'une visite de salubrité des forts, casernes, chambres de discipline, boucheries, cimetières, et voiries du Kaire, et places environnantes.
Le même jour j'écrivis au citoyen Savaresi, médecin employé à la citadelle, la lettre suivante (no 547 de ma correspondance.)
«D'après le règlement des hôpitaux militaires, citoyen, le service particulier dont vous êtes chargé se borne à visiter les malades reçus dans les salles des fiévreux.
Vos relations avec les prisonniers se bornent à visiter de temps en temps le local qu'ils habitent, et à vous assurer de la qualité de leurs aliments; ce qui est une simple surveillance de salubrité.