Au quartier-général du Kaire, le 23 nivôse an IX.
«Général,
Je viens de recevoir des citoyens Balme et Claris, médecins de l'armée employés à Lesbéh, un rapport très avantageux sur la santé des troupes du sixième arrondissement, confirmé par les mouvements des hôpitaux et du lazaret.
Ce territoire est l'un des plus dangereux de la basse Égypte à habiter; il est depuis longtemps le théâtre d'une maladie endémique, qui ne cessera que par de grands travaux, et surtout en éloignant, ainsi que l'on a commencé à le faire, la culture du riz de l'enceinte des villes.
J'ai cru devoir vous faire part de cette position rassurante d'un point de l'armée lorsque l'on compare la situation actuelle avec celle des années précédentes.
Salut et respect.»
J'écrivis, le 29, à l'ordonnateur en chef (no 604 de ma correspondance).
«Citoyen, je vous prie de faire maintenir l'exécution très importante de l'article suivant de l'ordre du jour du 12 nivôse an VIII:
Les corps n'enverront point aux lazarets les hommes suspectés de maladie contagieuse, comme quelques-uns l'ont fait; ils devront les envoyer directement dans les hôpitaux où il existe des salles d'observation.
La deuxième demi-brigade d'infanterie légère a envoyé ce matin un homme au lazaret sans se conformer à cet ordre, et cet envoi a été accompagné de circonstances qui, si elles n'ont pas de suite, peuvent au moins alarmer l'opinion publique.»