Deux heures après sa mort constatée il fut ouvert: les glandes axillaires étaient engorgées considérablement; l'estomac était farci d'oignons encore verts.
Je viens d'être appelé pour un soldat de la dix-huitième demi-brigade, que j'ai trouvé expirant près de la tente de notre général divisionnaire Bon. À l'existence de la tumeur près, la maladie de ce militaire a présenté les mêmes phénomènes que celle de Roubion.
On m'appelle encore pour un soldat du troisième bataillon attaqué de la même maladie; mais les taches ont paru plutôt.
Je soupçonne des fièvres pestilentielles, en redoutant cependant d'être l'écho d'une terreur qui pourrait être funeste...
Le général en chef auquel vous vous proposez de remettre ce rapport sera facilement et beaucoup mieux éclairé...
En attendant je propose de brûler la baraque qui a été habitée par les décédés, de s'emparer de leurs hardes pour les séquestrer, de tenir à l'écart ceux qui les ont approchés, et d'éloigner nos fiévreux du camp.»
Le citoyen Auriol, médecin de l'armée chargé de l'ambulance établie au village d'Yassour, fit au général en chef, le 18, et d'après ses ordres, un rapport dans lequel il lui exposa le tableau de la maladie tel qu'il est tracé ci-dessus. Il se plaignait de ce que la position des malades, couchés presque en plein air sous le portique d'une mosquée, ne lui permettait pas d'espérer du succès des remèdes toniques, qui, réunis aux antiseptiques, constituaient son traitement; il réclamait un abri, des couvertures, des médicaments, des soins administratifs; enfin il annonçait avec méfiance le développement d'une maladie contagieuse.
Je reçus le même jour au camp de Ramléh l'ordre de me rendre promptement au quartier-général, où j'arrivai le soir même.
Le 19, au matin, l'évacuation de l'ambulance d'Yassour sur l'hôpital sédentaire établi à Jaffa fut ordonnée et exécutée.
Mouvement des fiévreux à l'ambulance d'Yassour, du 16 au 19 ventôse an VII.