Il faut éviter quand on a chaud de boire une trop grande quantité d'eau, et il est très prudent d'avoir toujours l'attention de se rincer la bouche auparavant, et de tremper ses mains dans l'eau.
L'armée doit rejeter avec soupçon les vêtements et le linge des Turcs, parce que ceux qui les ont portés sont mal-propres, et souvent malades sans prendre aucun soin raisonné de leur santé.
Les fièvres malignes, qui se développent, et qui effraient beaucoup trop, demandent que l'on rétablisse la transpiration arrêtée; on le fait par les ablutions ou lavages tièdes indiqués ci-dessus, par l'administration d'un vomitif, surtout quand il y a, comme presque toujours, disposition à vomir, et en soutenant tout de suite la moiteur et les forces par une boisson, composée d'une décoction de café et de quinquina, aromatisée avec le citron. Il faut mettre sur les bubons des cataplasmes émollients: il ne faut pas tenter de les résoudre, c'est la crise de la maladie. Quand ces tumeurs sont à maturité on doit les ouvrir avec le bistouri. Pour les charbons, il faut les brûler en les circonscrivant avec la pierre infernale ou avec un fer chaud.»
Le 3 germinal, j'adressai au chef de l'état-major-général la note suivante (no 191 de ma correspondance).
Au quartier-général devant Acre, le 3 germinal an VII
«Général, il est utile pour maintenir la santé de l'armée de faire soigneusement enfouir les débris d'animaux qui sont, malgré vos ordres, à la proximité du camp; il est également utile de faire journellement couvrir de terre les fosses d'aisances, et de les renouveler souvent.»
J'allais monter à cheval le même jour pour me rendre à Cheif-Amrs, et déterminer s'il serait possible d'y établir un hôpital, lorsque je reçus une lettre, écrite de Gaza le 24 ventôse par le citoyen Bruant, auquel j'avais permis de réunir à ses fonctions celles d'agent national, qui pouvaient le mettre à portée de procurer à son établissement tout ce qui lui serait nécessaire.
Cette lettre m'annonçait l'envoi du rapport suivant; elle contenait en outre une note étendue pour servir de développement au rapport. Ces pièces étaient suivies du mouvement de l'hôpital de Gaza du 19 au 24 ventôse.
RAPPORT adressé au chef de bataillon du génie Touzard, commandant des province et ville de Gaza, par les officiers de santé en chef de l'hôpital militaire de la place.
Gaza, le 21 ventôse an VII.