Le traitement ordonné par le malade lui-même avait consisté dans l'usage abondant des sudorifiques, des acides végétaux, et du quinquina.
Les deux pharmaciens dont il est parlé dans la lettre du 3 sont morts.
Quatre blessés, attaqués de l'épidémie, viennent d'être évacués sur l'hôpital des fiévreux.
Deux infirmiers-majors des blessés ont eu la maladie, mais si bénigne qu'à peine ont-ils été alités. Un servant français est mort, et un autre est guéri. Sur vingt servants du pays deux seuls jusqu'ici ont été malades; l'un est mort dans trois jours, et l'autre guérit.
Le troisième hôpital n'est point encore établi.
De cent vingt-huit malades existants à la visite du 9 au matin, plus de soixante sont entièrement hors de danger; ils ont un appétit extrême, et ils rentreraient dans l'armée active, sans la plaie de leurs bubons qui exige un pansement suivi.
On a trouvé à Jaffa un homme du pays qui nous rend beaucoup de services, par cela seul qu'il ne redoute pas la maladie; c'est un chrétien très exercé dans ce genre, et qui est aussi fataliste que les musulmans; il fait les opérations ordonnées et les pansements nécessaires sous la direction particulière de l'un de nos chirurgiens employé à l'hôpital, du service duquel est chargé en chef le citoyen Assalini, chirurgien de première classe, distingué dans l'armée.
Je reçus également le 12 germinal une lettre du citoyen Bruant, datée du 1er; elle contenait les faits suivants:
«L'épidémie attaque toujours les enfants de la contrée; mais la mortalité diminue chaque jour.
«Nos malades graves arrivent généralement des différents points de l'armée; il est rare que ceux même de la garnison entrent à l'hôpital avant le troisième jour; et ils meurent le quatrième, le cinquième, ou le sixième jour après l'invasion; la plupart des malades à qui on a pu administrer l'émétique en lavage le premier ou le second jour ont été sauvés: les uns n'ont été attaqués que légèrement de la maladie; chez d'autres elle a poursuivi son cours ordinaire; mais dans la nuit du 7 au 8 il survenait un changement notable, sans évacuation sensible; la maladie prenait alors les signes les plus caractéristiques de la putridité; la plaie des vésicatoires se couvrait même parfois d'escarres gangréneux; c'est ce qui est arrivé au pharmacien dont il est parlé dans la note du 21 ventôse, et qui, contre tout espoir, avance rapidement vers la guérison. Les remèdes employés dans cet état de la maladie sont le quinquina, le camphre pendant quelques jours, et la limonade végétale, parce que nous manquons d'acide sulfurique.