«Ceux qui en ont reconnu l'existence doivent s'empresser de les détruire, parce que c'est d'abord un mal dans les hommes d'ailleurs sains, et ensuite une complication désavantageuse dans la plupart des maladies.
«Les hommes de l'art soupçonnent la présence des vers par la dilatation de la pupille, un picotement particulier vers le nombril ou la région de l'estomac, des points douloureux et vagues dans les parties latérales et internes de la poitrine; mais ce qui est une preuve convaincante pour tous les hommes c'est la sortie des vers eux-mêmes.
«On peut se servir avec succès du remède suivant, qu'il est facile de se procurer dans notre position:
«Prenez quatre fortes cuillerées d'huile, et autant de suc de citron, buvez cette potion à jeun deux ou trois jours de suite.»
Le même jour je reçus une lettre du citoyen S.-Ours, datée de Jaffa le 12.
Cette lettre m'annonçait que le service de l'hôpital des fiévreux allait très mal.
Il n'y avait plus à la pharmacie de quoi faire des vésicatoires et des sinapismes; le quinquina, la rhubarbe, les acides, jusqu'au vinaigre même manquaient.
Sur les cent trente malades que m'a donnés la visite de ce matin, cent dix sont atteints de la maladie régnante, et le reste de dysenteries, auxquelles se joignent souvent des affections de poitrine.
La diathèse inflammatoire semble prendre de la prépondérance, et le régime corroborant paraît moins convenir qu'en ventôse.
Les infirmiers-majors français sont réduits à un; les servants français et turcs meurent journellement.