«J'administre aussi avec plus de sécurité les vomitifs.

«Soixante de mes malades sont bien guéris, et dans un dépôt de convalescents.

«Pareil nombre est en très bon état à l'hôpital; mais avec plus de secours on aurait plus de succès... Le commandant de la place et le commissaire des guerres m'assistent de tout leur pouvoir... L'administration crie sans cesse qu'elle est sans argent, et se refuse à faire des avances... cependant la journée ne lui revient pas à cinq sous par malades...»

Cette lettre est terminée par des témoignages réitérés de la confiance de celui qui me l'écrivait, et l'explosion vive d'une âme sensible, déchirée par les contrariétés de l'insouciance et de la cupidité.

Mouvement de l'hôpital militaire de Jaffa du 12 au 21 germinal an VII.

Malades restants le 12 au matin130
Entrés du 12 au 2167
Sortis51
Morts55
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Restants le 21 au matin91
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Je répondis le 25 au citoyen S.-Ours, et je finissais en lui disant que, manquant comme lui de cantharides, j'avais substitué quelques gouttes d'eau bouillante versées de haut: en effet ce moyen m'avait réussi sur un grand nombre de malades, notamment sur le citoyen Boussenard, dont il est parlé ci-dessus page 50, et plus récemment encore au premier moment de l'invasion sur un garde-magasin, et un officier d'artillerie, qui se promenaient librement au bout de deux jours. Ces faits observés au milieu d'un camp étaient devenus très publics, et cette pratique a été répétée avec succès.

Au reste il est probable que le citoyen S.-Ours ne reçut point ma lettre; il était mort ou mourant quand elle arriva à Jaffa.

Les regrets les plus vifs éclatèrent universellement dans les rangs de la trente-deuxième demi-brigade quand on apprit la mort de cet officier de santé, et les braves qui composent ce corps, frappés depuis dans les combats, l'appelèrent encore longtemps pour étancher le sang dont ils couvrirent une terre barbare.

Le même jour le général en chef ordonna qu'il serait fait une évacuation partielle de nos hôpitaux sur Damiette, et que l'on profiterait du retour des djermes qui avaient apporté des munitions de guerre à Jaffa et à Tentoura.