Salut et respect.

L'arrière-garde, formée par la division aux ordres du général Kléber, prit un soin particulier de l'évacuation des fiévreux et des blessés; à l'une des stations ce général dit un jour aux premiers, «Mes enfants, je suis occupé de vous; nous allons partager ce que j'ai; mais ne m'approchez pas de trop près, parce que ce n'est pas de la peste qu'il convient que je meure...» Il rendait aux généraux Junot et Verdier l'honorable témoignage d'avoir puissamment secondé sa sollicitude pour ces malheureux pendant toute la route.

Mais qui peut nommer le dernier de ces généraux sans se rappeler ce que fit son épouse pendant tout le cours de l'expédition de Syrie? C'est elle qui, sans calculer qu'elle s'exposait à toutes les fatigues de la marche la plus pénible, donna son cheval pour faire passer un torrent à des piétons... elle donna souvent son eau, ses provisions, son linge, pour des malades ou des blessés... Un jour elle entendit dans le désert les cris du désespoir d'un soldat aveugle et abandonné; elle court à lui, Attache-toi, lui dit-elle, à la queue de mon cheval et ne le quitte plus; il est doux comme moi, il ne te fera aucun mal; viens, pauvre misérable, j'aurai soin de toi; lui qui ne pouvait voir sa bienfaitrice s'écriait souvent, Est-ce un ange qui me conduit, qui me nourrit? et elle, avec une touchante simplicité embellie par ses grâces, Eh non!... C'est madame Verdier... Une Italienne... La femme du général.

L'armée se porta le 19 de Cathiéh à Bir-êl-Duedar.

Le 20, de Bir-êl-Duedar à Ssalehhyéh.

Elle séjourna, et le général en chef mit à l'ordre du jour ce qui suit:

Au quartier-général de Ssalehhyéh, le 21 prairial an VII.

BONAPARTE, général en chef, ordonne:

Article premier.

Tous les hommes qui sont attaqués de la fièvre à bubons seront soumis à une quarantaine, qui sera déterminée par les conservateurs de santé.