Mgr Taché résista plus de vingt ans aux attaques répétées d’un mal, douloureux parmi les douloureux, contracté dans les courses trop longues sur les neiges du Nord, et dans les privations trop continuelles. En 1873, les médecins ne lui accordaient plus deux ans de vie: il mourut, le 22 juin 1894. Quel fut donc son calvaire!

L’une de ses dernières lettres félicitait «cet ami que tout le monde aimait», mais qu’il réclamait «le privilège d’aimer plus que tout autre», Mgr Laflèche, à l’occasion de ses cinquante ans de sacerdoce:

«...La main qui trace ces lignes est celle qui, pendant des mois et des mois, a pansé vos plaies et tâché d’adoucir vos souffrances. Le cœur qui dicte ces réflexions est celui qui, depuis bientôt un demi-siècle, remercie Dieu de vous avoir connu, d’avoir été votre compagnon, le témoin de la vie précieuse qu’il a admirée en vous. Vous avez été mon maître dans notre commune carrière de missionnaires...»

La réponse de Mgr Laflèche fut de venir lui-même, un mois après, à Saint-Boniface, prononcer, dans un flot de larmes, l’oraison funèbre de son ami de l’Ile à la Crosse.

Mgr Henri-Joseph Faraud (1823-1890)

Mgr Faraud naquit à Gigondas (Vaucluse), diocèse d’Avignon, le 17 juin 1823.

Du sang de martyr coulait dans ses veines. Sa tante maternelle, Henriette Faurye, religieuse du Saint-Sacrement de Bollène, avait été guillotinée par la révolution française. En mémoire d’elle, Mgr Faraud fut appelé Henri.

A peine l’eut-on placé à l’école de la bourgade, qu’Henri s’attirait ce bulletin: «Brillant élève et franc tapageur.»

C’était déjà, en entier, le futur missionnaire des Dénés.