Le 16 juin, il était à la Nativité, et vers la mi-septembre à la mission du Fond-du-Lac.

Il ne quitta Notre-Dame des Sept-Douleurs et les Mangeurs de Caribous que pour prendre les rênes du vicariat du Mackenzie, neuf ans plus tard.

Sans perdre un jour, il s’adonna à l’étude du montagnais, sous la direction savante du Père de Chambeuil.

Le Père de Chambeuil avait occupé le poste du Fond-du-Lac, seul presque toujours, depuis le départ du Père Pascal. Durant ces onze années, il n’avait pas moins souffert que son devancier.

Menu de taille, vif, martial, en dépit de rhumatismes dix fois repris, le Père de Chambeuil porte, à un demi-pouce au-dessus de sa moustache en crocs d’argent, la cicatrice valeureuse de ses randonnées sur le lac Athabaska. Il est peu de missionnaires—il n’en est pas—qui n’aient perdu la peau du nez à la bataille. Le Père de Chambeuil alla plus loin: il perdit une portion de narine. Il attribue à une intervention directe de la Sainte Vierge de ne s’être pas gelé à mort, dans ce voyage de 1888, où ses chiens périrent de froid. Ses mains et ses poignets avaient semblé d’abord inguérissables.

Dès son deuxième hiver au Fond-du-Lac, il écrivait à Mgr Clut:

J’ai souvent bien faim. C’est la seconde de mes sept douleurs, mais je n’oublie pas que Marie est ma mère, mon modèle, et que je dois être une copie.

Avec «un courage plus fort que sa santé», il poursuivit le travail du Père Pascal. Il s’attacha aux trousses de plusieurs récidivistes et de quelques excommuniés de vieille date.