Malgré la vigilance et les travaux du Père Mansoz, son directeur actuel, la mission Saint-Isidore n’est pas encore sortie des langes de sa pauvreté. Avec ses œuvres et ses édifices, elle multiplie sa gêne. Elle n’a, pour attendre le secours des chemins de fer et des exploitations minières, forestières, que sa pêche du pied des rapides, qui est la plus précaire de tout le Nord, sa chasse aux rares orignaux, et ses patates, qu’il faut disputer aux gelées particulièrement traîtresses de la région.

La première messe du fort Smith fut célébrée par le Père Gascon, le 3 août 1876.

Le premier missionnaire résident, après en avoir été le visiteur, à la suite du Père Gascon, celui qui en connut, par conséquent, tout le pain noir, fut le Père Joussard.

Mgr Célestin Joussard (1851)

Il naquit, le 2 octobre 1851, à Saint-Michel-de-Geoirs, diocèse de Grenoble.

Mgr Clut l’ordonna prêtre, au scolasticat d’Autun, le 21 avril 1880, et l’emmena aussitôt.

Le jeune missionnaire passa l’hiver à la Nativité. Le printemps 1881, il savait le montagnais au point de prêcher seul la mission du fort Smith. De là, il se rendit au Grand Lac des Esclaves, où il fut l’assistant du Père Dupire, pendant huit ans.

Du lac des Esclaves, il revenait presque chaque année au fort Smith.

En 1888-1889, il y résida.