Le 30 août 1913, ils reçurent une lettre du capitaine de goélette Joe Bernard, qui leur disait qu’après avoir séjourné lui-même deux ans parmi les Esquimaux du golfe du Couronnement, il jugeait le moment favorable pour y établir une mission. Il les suppliait de se presser et leur promettait son appui.



Comme l’Indien qui avait apporté la lettre du capitaine retournait aussitôt au fleuve Mackenzie, le Père Rouvière lui remit, pour Mgr Breynat, les lignes suivantes:

Je vous envoie ce mot de Joe Bernard. Il nous décide tout à fait. Nous allons partir. Bénissez-nous, Monseigneur. Et que Marie nous garde et nous dirige!

Puis, un long et angoissant silence se fit. Trois années devaient s’écouler avant qu’on sût ce qui s’était passé.

En 1914, un explorateur, M. d’Arcy Arden, qui s’était aventuré dans la Terre Stérile, y rencontra des Esquimaux, affublés de soutanes et d’ornements sacerdotaux. Les ayant interrogés sur les «hommes blancs» venus en leurs parages l’année précédente, il n’obtint d’eux que des réponses évasives et contradictoires.

Cette découverte était de mauvais augure... Mais ces gens pouvaient avoir dévalisé la cabane du lac Imerenick, en l’absence des missionnaires... En somme, il n’y avait pas d’indication positive du malheur irréparable que l’on redoutait.