Au premier but, qui était l’évangélisation des pauvres par les missions, les retraites, les catéchismes, s’ajouta bientôt celui de la formation de la jeunesse, dans les grands séminaires et dans les collèges ecclésiastiques.
Se retirant dans une retraite profonde, le Père de Mazenod élabora les règles et les constitutions des Missionnaires de Provence, nommés aussi Oblats de Saint-Charles. Aux vœux ordinaires de pauvreté, de chasteté et d’obéissance que prononcent les religieux, il adjoignit celui de la persévérance dans le saint Institut. Ces constitutions furent telles qu’elles suffirent à retenir unis et fidèles tous les membres de la Congrégation, à travers toutes les tempêtes qui devaient les disperser.
A la fin de 1825, le Père de Mazenod, muni de son livre de Règles, et encouragé par les évêques dont les Oblats avaient évangélisé les diocèses depuis dix ans, se rendit à Rome, afin de solliciter du Souverain Pontife l’institution canonique de sa jeune Société.
Tout ce que pouvait espérer le fondateur—on le lui avait dit de toutes parts—c’était une louange, les Congrégations Romaines s’étant fait une loi de traiter ainsi les communautés nouvelles, et de ne remettre qu’à beaucoup plus tard l’approbation formelle.
Déjà, en effet, les cardinaux s’étaient prononcés pour un bref d’éloges, lorsque le Père de Mazenod, au sortir d’une longue prière aux pieds de la Sainte Vierge, se présenta à Léon XII. Comme mu par une inspiration spéciale, le Pape s’écria:
—Cette congrégation me plaît... Elle ne doit pas être louée, mais approuvée.
Et il demanda aussitôt aux cardinaux de reprendre l’examen des constitutions et de conclure dans le sens qu’il désirait.
Léon XII fit bien plus: il donna à la Congrégation le nom de Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (Missionarii Oblati beatissimæ Virginis Mariæ sine labe conceptæ).
Le Père de Mazenod ne contient plus sa joie; et ses lettres la redisent à ses missionnaires de France:
«—Oblats de Marie Immaculée!... Nom qui plaît tant au cœur et à l’oreille! Mais n’est-ce pas le brevet de notre prédestination à tous!»