Un portage est un chemin de terre destiné à faire passer un convoi d’une eau navigable dans une autre, soit que ces eaux, en réalité, ne communiquent pas entre elles, soit qu’elles offrent des conditions trop accidentées ou une profondeur insuffisante à la flottaison. Tout est débarqué sur le rivage et porté à dos par l’équipage. Les embarcations sont portées ou traînées, selon leur poids.



Les portages exécutés au fort des chaleurs, dans les cailloux et les marécages, à travers broussailles et moustiques, sont les impasses appréhendées par les voyageurs d’aujourd’hui autant que par les découvreurs du siècle passé. Ils n’ont point progressé dans le Nord, excepté quelques-uns, plus longs et plus fréquentés, comme ceux du fort Smith, du Vermillon, de la Loche, qui ont fini par recourir aux bœufs ou aux chevaux.

De la tête des rapides du fort Smith au lac Athabaska, en remontant la rivière des Esclaves et la rivière des Rochers, il ne se rencontre que deux rapides peu redoutables.

Du lac Athabaska au fort Mac-Murray, belle et tranquille navigation.

C’est ici, sur le fort Mac-Murray, situé au confluent de la rivière Athabaska, qui arrive du Sud, et de la petite rivière Eau-Claire, qui arrive de l’Est, que nous prions le lecteur de fixer sa particulière attention, s’il veut bien s’intéresser à notre problème des transports; problème qui absorba la vie de Mgr Faraud, premier vicaire apostolique de l’Athabaska-Mackenzie, qui fit blanchir son successeur, Mgr Grouard, et qui demeura, jusqu’à ces dernières années, le tourment de Mgr Breynat, vicaire apostolique du Mackenzie.

Mac-Murray marque la fin d’une série de rapides qui commencent 130 kilomètres en amont, et dévalent dans un encaissement de rives, où la nature semble avoir voulu précipiter toutes ses sauvages beautés.