Prestation d'hommage de Romieu de Morimont.

In nomine Domini amen. Noverint universi et singuli presentes pariterque futuri per hoc verum et publicum instrumentum quod anno a nativitate Domini millesimo cccclvi indictione quarta, die quinta mensis augusti, Pontificatus vero Sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Calisti divina providentia pape tertii anno secundo, nobilis vir Romeus de Miremont scutifer et procurator illustrissimi principis domini Ludovici, Regis Francorum primogeniti, delphini Viennensis comitisque Valentinensis et Diensis constitutus, genuflexus ante pedes Sanctissimi domini nostri Calisti pape tertii prefati cum summa reverentia, exposuit se procuratorem dicti domini Delphini et ab eo destinatum ad Suam Sanctitatem faciendamque debitam reverentiam et recognoscendum feudum homagium ligium et fidelitatem nonnuliorum castrorum et locorum infrascriptorum instrumentorum nominatorum et designatorum, que castra et loca sui quondam predecessores a Romana ecclesia tenuerunt in feudum ac petendum et obtinendum remissionem liberationem et quictationem censuum occasione predicta camere debitorum aliquibus temporibus hactenus forsitan non solutorum et primo ibidem mandatum suum procurations sigillo magno rotundo ipsius domini Dalphini impendenti in pergameno scriptum Sue Sanctitati ibidem exhibuit ac produxit cujus quidem tenor de verbo ad verbum sequitur et est talis. Ludovicus Regis Francorum primogenitus, Dalphinus Viennensis comesque Valentinensis et Diensis, universis presentibus et futuris notum fieri volumus quod nos animadvertentes nil salubrius esse quam que sunt Dei Deo Cesarisque Cesari reddere, volentes igitur Sancte Sedi Apostolice et ecclesie Dei sancte de hiis que sub dominio eorundem in feudum tenemus homagium reddere fidele, de nobilitate, moribus et providentia dilecti et fidelis domestici nostri Romei de Miremont, scutiferie nostre scutiferum, ab experto plene confisi, eundem Miremont presentem coram nobis et onus suscipientem auctorem et negotii hujus gestorem specialiter ordinavimus et ordinamus, ipsi expresse injungentes ut ad Sanctam Sedem Apostolicam, quamcitius poterit, se transferat et Sanctitati domini nostri pape Calisti tertii aut illi vel illis quibus jure et consuetudine similia pertinent vel per Sanctitatem suam ad hoc commitentur universaliter et generaliter de omnibus que sub feudo nobili dicte sedis et ecclesie sancte in Delphinatu et comitatibus nostris predictis moventur homagium et recognitionem cum solemnitatibus et aliis in talibus fieri usitatis realiter, nomine et vice nostri, reddat et faciat denominationem et decertationem predictorum omnium sub dicto feudo moventium, si opus fuerit, tradendo literas publicas de hiis que egerit bullasque protectionis in forma militantis ecclesie aut alias in similibus dari solitas obtinendo, aliaque agendo, petendo pro tractando et obtinendo que nos agere postulare pertractare et obtinere possemus, si presentes et personaliter interessemus, et que negotiorum predictorum merita postulant et requirunt, etiamsi essent talia que mandatum exigerent magis speciale, vices nostras quoad predicta per presentes sibi totaliter committentes et plenam in hiis ex certa scientia et deliberatione prehabita attribuentes potestatem, promittentes in verbo principis et sub juramento corporali dictum homagium, et quicquid per dictum scutiferum artum, dictum, pertractatum, petitum et juratum fuerit perpetuo ratum et gratum habere tenereque et observare inconcussum. In quorum testimonium sigillum nostrum, in absentia magni ordinatum, presentibus duximus apponendum. Datum in Sancto Antonio Viennensi, die prima mensis junii, anno domini millesimo CCCCLVI iuramento fidelitatis in animam et sub honore nostris prout in similibus homagiis solitum est prestare nec non. Datum ut supra Astaris per Dominum Delphinum, domino Montis Albani, gubernatore et marescallo Delphinatus et aliis presentibus Astaris. Exinde vero duorum transumptorum duo publica instrumenta per reverendum in Christo patrem dominum Siboudum Alamandi, episcopum Gratianopolitanum, factorum et auctenticorum super feudis homagiis et ligiis et fidelitatibus castrorum et locorum predictorum exhibuit quibus quidem transumptis auctenticis sigilla propria ipsius domini Episcopi erant appensa, quorum quidem transumptorum tenor de verbo ad verbum sequitur et est talis.

(Arch. vat., t. XXXIII, p. 66, Armor. 35.)

No XIII

Lettre d'Allemand de Pazzis et de François Malespine aux Consuls d'Avignon.

(Traduction).

A respectables et nobles Mes seigneurs les Consuls
de la Cité d'Avignon.

Tres respectables seigneurs, nous nous recommandons à votre bonne grâce en vous avisant comme nous arrivâmes ici samedi dernier, en grand peine de trouver logis, à cause de la grande multitude de gens venus pour faire leurs adieux. Grâce soit rendue à Monseigneur le Maréchal lequel nous a fait très bon accueil en considération de Monseigneur le Cardinal (Pierre de Foix) et de la ville, et le lendemain matin nous fit avoir audience du Roi. Celui-ci nous vit volontiers et nous fit aussi un très grand accueil. Après avoir vu nos lettres et avant que nous eussions rien autrement pu lui dire, il nous appela près de lui, mais si près que nous nous touchions l'un l'autre, et cela afin que personne ne pût entendre ce qu'il nous disait. Il nous dit que nous étions les bienvenus, mais que lui ne pouvait entendre à cette heure ni, par aventure, de tout le jour, mais qu'avant de nous entendre, il voulait savoir de nous ce que nous savions bien, qu'étant en son pays du Dauphiné, quelqu'un nous avait dit et avisé la ville d'Avignon qu'il y avait quelques gascons qui devaient faire en sorte que la ville passât, pour son compte, au pouvoir de son maréchal d'Armagnac et que eux l'avaient notifié et fait dire au Roi son père (dont Dieu ait l'âme) et qu'il voulait que nous lui disions quel était cet inventeur qui nous avait dit et dénoncé un pareil projet, car jamais il n'avait eu une telle intention et que si la chose avait été vraie il n'aurait pas été assez téméraire pour de sa vie mettre les pieds dans Avignon ni pour en passer aussi proche qu'il l'a fait. Qu'il commet à Monseigneur le Maréchal et à Messire Jean Bureu le soin de nous entendre à cet égard et que nous eussions à leur dire qui sont ceux qui nous ont donné cet avis et qui sont les inventeurs d'une pareille chose. Là-dessus le Roi nous a laissés pour aller à la messe, puis diner, puis après dîner, aller aux joutes que Monseigneur de Bourgogne faisait faire; et le soir, à un banquet. Le tout a été un grand triomphe, et dans le même jour nous dinâmes avec Monseigneur le Maréchal, nous lui affirmâmes en lui disant que nous ne savions en vérité qui était l'auteur de l'avis dont le Roi nous avait parlé, que jamais la Ville n'avait écrit au Roi son père qu'elle le soupçonnât en aucune manière du monde, et que par conséquent nous ne savions pas davantage qui était l'inventeur de la chose. Nous fûmes également chez Maître Jean Bureu pour l'informer de la même manière. Il nous répliqua qu'il lui semblait se souvenir d'avoir vu quelque lettre et entendu parler de quelque chose de semblable à l'hôtel du Roi, mais qu'il ne s'en rappelait pas nettement. Que toutefois il rapporterait au Roi ce que nous lui disions. Depuis, nous trouvant ensemble en présence de Monseigneur Boucicaut qui veut le bien et l'honneur de Monseigneur (le Cardinal de Foix) et de la ville et de maître Pierre Robin, pour aviser à cela et chercher si personne ne se rappelait rien à ce sujet. Monseigneur Boucicaut et quelque autre d'entre eux rappela que le Roi mort envoya à Avignon avertir et aviser Monseigneur (le Légat) et la ville qu'il avait vent qu'on devait nous faire déplaisir et qu'il nous en donnait avis et que si nous avions besoin de quelque chose il nous viendrait en aide par gens et par tout ce que nous lui demanderions. Il nous est aussi revenu en mémoire que la ville répondit au Roi en le remerciant et que nous n'avions besoin ni de gens ni de rien autre et il nous semble que jamais la ville n'a écrit autre chose au feu Roi. En sorte que, s'ils ne sont pas contents de la réponse, que nous avons déjà faite, nous leur dirons ce qui nous est revenu à la mémoire comme il vient d'être dit. S'il paraît à Monseigneur (le Cardinal de Foix) et à vous autres que nous ne devons dire autre chose ou faire d'autres justifications soit par lettres, soit autrement, mandez-nous le et nous fairons ainsi que vous commanderez. Adressez les lettres à la Cour, car le Roi doit partir demain ou le jour d'après pour se diriger sur Melun, de Melun à Amboise où sont les Reines en tirant à Tours; nous suivrons pour être dépêchés le plus tôt possible. Monseigneur le Légat répond également à Monseigneur le Cardinal (de Foix) et l'avise de tout avec encore plus de détails, car lui a aujourd'hui parlé au Roi en tête à tête et, comme je vous l'ai dit, avise Monseigneur de tout ce que le Roi lui a dit vous pourrez le savoir par lui, ainsi que par le porteur de la présente qui est au service de Monseigneur, lequel sait tout et par lui vous serez pleinement informés de tout (!) Monseigneur le Sénéchal de Provence n'est pas encore arrivé ici; je crois qu'il attend le Roi sur la route parce que le bruit avait couru que le Roi était parti huit jours avant. Nous ne voyons pas autre chose à vous dire, que Notre Seigneur vous garde. Recommandez-nous très humblement à la bonne grâce de Monseigneur (le Cardinal) et à mes seigneurs les Conseillers.

Vos humbles serviteurs.

Allemand de Pazzis: Fr. Malespine,
Ecrit à Paris, le 15 de septembre (1462).