Vizir, la véritable disette est de temps et non pas de nourriture. Nous sommes tous affamés de temps. Nul n’en a assez, ni le Roi ni son peuple.

Alors…

Alors, sache que nos requêtes pour obtenir plus de temps iront toutes au feu du jugement dernier. Pourquoi donc forcer nos voix à prier ? Ah ! Voici Struti-Bhushan. Je vous salue, Docteur.

LE VIZIR. — Docteur, veuillez dire au Roi que la déesse de la Fortune abandonne celui qui se laisse aller à la mélancolie.

LE ROI. — Struti-Bhushan, qu’est-ce que mon Vizir vous murmure à l’oreille ?

Il me dit, Sire, de vous instruire sur les voies de la Fortune.

Quelle instruction pouvez-vous me donner à ce sujet ?

Il y a un verset dans mon livre de dévotions qui dit :

La fortune, aussi fugitive que la fleur du lotus, retire ses faveurs quand vient l’heure ; fou qui met sa confiance en celle qui vient à l’improviste et s’en va de façon déconcertante.

Ah ! Docteur, un souffle de votre enseignement éteint la fausse flamme de l’ambition. Notre maître l’a dit : « Ses dents tombent, ses cheveux grisonnent ; et pourtant l’homme s’accroche à l’espoir qui le trompe. »