N’en déplaise à votre Majesté, elle ne lui avait pas accordé d’entrevue, c’est pourquoi…

Vizir, tu m’étonnes, est-ce ainsi que tu diriges les affaires de l’État. Que t’est-il arrivé ? As-tu perdu la tête ?

En outre, Sire, je cherchais le moyen d’abattre la maison du Poète ; d’abord personne ne voulait entreprendre ce travail ; à la fin tous les Docteurs de l’École Royale de Grammaire et de Logique vinrent avec leurs propres outils et se mirent à la besogne.

Vizir ! Es-tu devenu fou ? Démolir la maison du Poète ! Pourquoi ? tu pourrais aussi bien tuer tous les oiseaux du jardin et en faire un pâté.

Que votre Majesté ne se trouble pas. Nous n’aurons pas besoin d’abattre la maison : quand Struti-Bhushan a appris qu’on allait la détruire il l’a prise pour lui.

Quoi ! Vizir ! Ceci est pire encore. La déesse de la musique briserait sa harpe contre ma tête si elle apprenait une chose pareille. Non, cela ne se peut pas !

Majesté, il y avait encore autre chose à faire : nous devions donner la province de Kanchanpur au Docteur.

Non Vizir ! Quelles erreurs tu fais. Elle doit revenir au Poète.

POÈTE. — A moi, Roi ? Non. Ma poésie n’accepte pas de récompense.

Bien, bien. Que le Docteur ait la province.