Nous déchirons la bourse du temps, et lui reprenons son butin ;
Tu nous donneras ton cœur, ô hiver.
Il brillera dans les feuilles tremblantes, et en fleurs se brisera.
CHANT DE L’HIVER
Laissez-moi, laissez-moi m’en aller.
Je fais voile pour les glaces du Nord ;
Pour la paix des rivages gelés.
Votre rire n’est pas de circonstance, mes amis : vous changez mes chants d’adieu en chanson de bienvenue à l’adresse du nouvel arrivant, mais le cœur de toutes choses me retient à ma place dans la ronde éternelle.
CHANT DES HÉRAUTS DU PRINTEMPS
Nous sommes les espions de la vie, partout placés en embuscade. Nous sommes prêts à te voler les dernières réserves de tes heures fanées, pour que le vent les disperse à sa fantaisie. Nous t’attacherons avec des chaînes de fleurs là où le printemps garde ses captifs. Car nous savons que tu portes, cachés sous tes vieilles guenilles grises, tous les joyaux de la jeunesse.