L’éternel Vieil Homme.
LE VEILLEUR. — Quelle absurdité ! Pendant que vous le cherchez, il vous court après !
Pourquoi ?
LE VEILLEUR. — Il voudrait réchauffer son sang glacé avec le vin de votre chaude jeunesse.
Eh bien nous le recevrons chaudement. Tout ce que nous voulons c’est le voir. L’avez-vous vu ?
LE VEILLEUR. — Ma veille est de nuit. Je vois les personnes, mais je ne puis reconnaître leurs visages. D’ailleurs, faites attention que le Vieil Homme est un grand ravisseur. Et vous voulez le ravir, le Printemps vous rend fous !
Tout le monde le sait : Il ne faut pas longtemps pour découvrir que nous sommes fous.
LE VEILLEUR. — Je suis le veilleur. Les gens que je vois passer sur la route se ressemblent tous beaucoup. Aussi, quand je vois chez l’un d’eux quelque chose d’extraordinaire je le remarque d’autant mieux.
Écoutez-moi ! Tous les gens respectables du voisinage disent la même chose…
Que nous sommes des originaux ; oui, nous le sommes ; cela ne fait pas de doute.