Disons-lui que nous ne voulons plus avancer d’un pas, que nous resterons assis les jambes croisées.

Nos jambes sont d’infortunés vagabonds. Elles ne font qu’arpenter les routes.

Nous nous tiendrons les mains derrière le dos.

Le mal ne vient pas par derrière, il vient par devant.

De tous nos membres le dos est le plus véridique. Il nous dit : « Couche-toi ».

Quand nous sommes jeunes notre poitrine se gonfle avec orgueil, mais quand nous devenons vieux nous ne pouvons plus que nous étendre sur le dos.

Nous songeons au petit ruisseau qui coule dans notre village. Ce matin, il semblait nous dire : En avant, en avant ! mais en réalité il disait : Fausseté, fausseté ! Le monde n’est que fausseté.

Notre docteur avait coutume de nous parler ainsi.

A notre retour nous irons de suite revoir le Docteur.

Jamais plus nous ne ferons un pas sans consulter les écrits du Docteur.