MÉNESTREL. — Je chanterai et vous, marchez et suivez-moi pendant que je chante. Je ne puis trouver mon chemin si je ne chante pas.

Que veux-tu dire ?

MÉNESTREL. — Mes chants me précèdent. Je les suis.

(Il chante.)

Doucement, mon ami, marchez doucement vers votre calme demeure.

Je ne connais pas la route, je n’ai pas de lumière ;

Sombre est ma vie et sombre est le monde pour moi.

Je n’ai que le son de vos pas pour me guider dans ma solitude.

Doucement, mon ami, marchez doucement le long de la sombre plage.

A travers la nuit, porté par la brise d’Avril, laissez venir dans un murmure l’appel de la route.