Si la jeunesse n’avait que l’ardeur du mouvement, elle se dessécherait et se flétrirait ; mais elle a aussi des pleurs cachés qui la rafraîchissent.
Le cri du monde n’est pas seulement « J’ai » mais aussi « Je donne ». Dans la première aube de la Création « J’ai » fut fiancé à « Je donne ». Si cette union était rompue tout irait à la ruine.
Où ce Ménestrel aveugle va-t-il nous conduire ?
Dans le ciel, les étoiles au-dessus de nous semblent les regards d’yeux sans nombre que nous aurions connus aux âges disparus. A travers les fleurs, semble venir le soupir de ceux que nous avons oubliés et qui nous disent — Souvenez-vous de nous.
Nos cœurs se briseront si nous ne chantons pas.
(Ils chantent.)
As-tu laissé derrière toi ton amour, mon cœur, et perdu la paix pour le reste de tes Jours ?
Et le chemin que tu parcourais est-il lui aussi perdu et oublié rendant ton retour sans espoir ?
Je vais errant et écoutant le babil du ruisseau et le bruissement des feuilles.
Et il me semble que je vais trouver le chemin qui mène au pays des amours perdues par delà les étoiles de la nuit.