LVII
O Monde, j’ai cueilli ta fleur!
Je l’ai pressée contre mon cœur et son épine m’a piqué.
Au sombre déclin du jour la fleur s’est fanée, mais la douleur a persisté.
O monde bien des fleurs te reviendront parfumées et glorieuses.
Mais l’heure de cueillir des fleurs est passée pour moi et dans la nuit sombre, je n’ai plus ma rose; sa douleur seule persiste.
LVIII
Un matin, dans le jardin, une enfant aveugle vint m’offrir une guirlande posée sur une feuille de lotus.
Je la mis autour de mon cou et des larmes vinrent à mes yeux.
J’embrassai l’enfant et je lui dis: tu es une fleur et les fleurs sont aveugles: tu ne peux connaître la beauté de ton présent.