Le petit frère, tout brun et tondu, nu et couvert de boue, la suit et, assis sur la berge, attend patiemment qu’elle l’appelle.

La fillette s’en retourne à la maison, sa cruche pleine d’eau sur la tête, un pot de cuivre tout reluisant dans la main gauche et tenant l’enfant de l’autre main. Elle est la mignonne servante de sa mère et déjà sérieuse sous le poids des soucis domestiques.

Un jour je vis le petit garçon tout nu étendu sur l’herbe. Dans l’eau sa sœur était assise, frottant un pot à boire avec une poignée de sable, le tournant et le retournant.

Tout près de là un agneau à la douce toison broutait le long de la berge.

Il s’approcha de l’enfant et, soudain, bêla avec force.

L’enfant tressaillit et se mit à crier.

La sœur laissa là son nettoyage et accourut.

Elle entoura son frère d’un bras, l’agneau de l’autre et, leur partageant ses caresses, elle unit, dans le même lien de tendresse, l’enfant de l’homme et le petit de la bête.

LXXVIII

C’était au mois de Mai. La chaleur suffocante du milieu du jour semblait interminable. La terre desséchée baillait de soif.