Sur les champs de riz verts et jaunes, les ombres des nuages d’automne glissent bientôt chassés par le rapide soleil.
Les abeilles oublient de sucer le miel des fleurs; ivres de lumière, elles voltigent follement et bourdonnent.
Les canards, dans les îles de la rivière, crient de joie sans savoir pourquoi.
Amis, que personne, ce matin, ne rentre à la maison; que personne n’aille au travail.
Prenons d’assaut le ciel bleu; emparons-nous de l’espace comme d’un butin au gré de notre course.
Le rire flotte dans l’air, comme l’écume sur l’eau.
Amis, gaspillons notre matinée en chansons futiles.
LXXXV
Qui es-tu, lecteur, toi qui, dans cent ans, liras mes vers?
Je ne puis t’envoyer une seule fleur de cette couronne printanière, ni un seul rayon d’or de ce lointain nuage.