Madame Corcette bondit.

—Théodore, tu es ignoble!... devant cette enfant!... As-tu bientôt fini de m'insulter de la sorte?

—Calme-toi, bichon, c'est un mot ... rien de plus!... Oui ... à cause de tes cheveux, de ton genre, de tes costumes ... on ferait des histoires ... je voudrais bien, moi ... en avoir une ou un ... mais on est sûr de quelle femme, en ce drôle de monde!... je préfère m'abstenir et te forcer à ne pas perdre la tête ... tant pis pour toi, bichon!

—Corcette, je te tuerai ... tu es un misérable.

Et brusquement elle saisit un morceau de pain, le lui lança à la tempe, il riposta par une fourchette garnie de sauce.

Mary, pensant que c'était une nouvelle représentation, tapait des mains, enchantée de voir ses bons amis si gais. Cependant madame Corcette ayant reçu l'os d'une côtelette dans l'œil, devint très rouge, puis éclata en pleurs. Mary cessa de rire.

—Vous êtes un méchant! dit-elle, serrant bien fort sa magicienne entre ses bras minces. C'est toujours la même chose, ajouta-t-elle tristement, s'adressant à Manette qui arrivait avec des compresses, quand on joue avec un garçon...

La philosophie de cette phrase naïve produisit une réaction.

Corcette se précipita aux pieds de sa femme, lui demandant pardon, répétant qu'il méritait la pire des morts. Il les embrassait toutes les deux au hasard des lèvres, les chatouillant afin de les faire sourire, et, de temps en temps, imitant la voix d'un très petit enfant, disait qu'il ne le ferait plus!... Madame Corcette finit par s'adoucir; on eut une signature de la paix magistrale, les chats exécutèrent des cabrioles dans les débris du déjeuner, Manette alluma du rhum. Ah! c'était une maison bien joyeuse que celle du capitaine Corcette!

Tulotte apporta les vêtements de Mary avant la fameuse promenade en voiture. Madame Barbe souffrait beaucoup, le colonel ne décolérait pas, et l'oncle de Paris se montrait fort inquiet de la suite des affaires. On priait madame Corcette de garder la petite toute la semaine, s'il était possible.