—Monsieur, je vais vous dire, balbutia Siroco cherchant vainement une fable, je crois que tout à l'heure Castor, le chien de Mademoiselle, a...

—Castor!... ce chien ... il a cueilli une fleur ... ah! mon gaillard, il y a de ta faute, paraît-il, puisque tu es sens dessus dessous, et que tu as les oreilles rouges... Expliquons-nous, voici un gourdin!...

Il ramassa un piquet, le mit en mouvement pendant que le malheureux Siroco demeurait pétrifié.

Mary se plaça soudain devant son ami.

—Monsieur Brifaut, dit-elle d'une voix ferme, les yeux fixes, c'est moi qui ai pris la rose...

—Pris la rose ... et pourquoi faire, Mademoiselle ... Mad ... e ... moi ... selle ... Ma ... ry?... dit le vieillard dont les paroles n'étaient plus distinctes.

—Pour la manger! répondit tranquillement la petite.

M. Brifaut se tourna du côté de son complice.

—C'est vrai, murmura celui-ci avec un triste sourire de reconnaissance à l'adresse de son tyran: elle l'a mangée!

Le vieux jardinier, pareil à l'ange exterminateur, levant son gourdin comme une épée flamboyante, désigna la grille du jardin à Mary. Celle-ci, très digne, se retira, contente après tout d'avoir fait courageusement son devoir.