—Hélas! Mademoiselle, fît le brave homme hochant la tête, ce sont les méchants enfants qui restent... Siroco est mort, voilà une semaine, d'une manière de gros rhume pris je ne sais où!... Je l'ai fait enterrer gentiment à mes frais, le pauvre gamin!...

Mary s'en retourna, muette, ne pouvant pas pleurer, tenaillée d'une douleur atroce.

Ainsi, il était parti comme il était venu, dans un tourbillon de ce vent chaud qui se montrait miséricordieux aux petits enfants orphelins ... parti sans la revoir, parti pour toujours!

Et chaque fois que soufflait le joyeux siroco, Mary s'enfermait dans sa chambre en se bouchant les oreilles...

[1] Cette rose existe en réalité.

[2] Elle existe ainsi que la rose bleue.


V

Dans l'énervement des longs jours passés sans plaisir, Mary connut des désespoirs de femme. Elle sut comment s'y prennent les grandes personnes pour avoir une douleur qu'on n'ose avouer et, par moment, elle souhaita de mourir aussi pour aller rejoindre Siroco. Cette petite, née vieille, s'attardait en ses idées de passion bien plus qu'on ne pouvait le deviner.

Lorsqu'elle jouait au cerceau sur la route qui menait à la berge du fleuve, qu'elle courait, les yeux brillants, les cheveux défaits, droit devant elle et que Tulotte était obligée de crier: Prends garde! Tu vas perdre ton cerceau dans le Rhône! C'était peut-être elle-même qu'elle aurait voulu précipiter aux flots pour échapper à la souffrance trop vive, non proportionnée, qu'elle ressentait de cette perte d'un précoce amoureux.