Nous plaisantions toujours, pourtant il faisait trop sombre sous ce hangar.

On entendait du beurre grésiller dans la poêle de la tante, qui ne s’occupait pas de nous.

Je baissai la voix :

— Tu es du pays, toi, Bretonne bretonnante ?

— Oui ! et vous ?

— Moi, je sors de l’hospice de Brest, j’ai pas de famille. Cependant, je suis second gardien au phare d’Ar-Men, et c’est une jolie position… faudrait se revoir…

— Il est loin, cet endroit-là ?

— Au diable. Je peux que venir tous les quinze jours, sauf par gros temps, vous comprenez…

— Ben quoi. Vous êtes un marin (elle fit la moue). Un polisson, donc !

— Qui vous a dit du mal des marins tant que ça ?