— C’est grave. (Et j’ajoute, avec amertume :) Qui ça ? Le notaire, le sous-préfet, le fiancé, peut-être ?
— Qui vous voudrez, Alain. Ça ne vous regarde pas.
— Ce qui me regarderait, chère madame, ce serait de vous empêcher de partir.
— En faisant quoi, mon Dieu ?
— Les propositions les plus folles. Celle de mourir ensemble, comme… jadis.
Elle va descendre de la sellette et relève ses cheveux, les rattache soigneusement, ne semble pas m’avoir entendu.
— Vous vous souvenez, Line, vous vouliez mourir pour que… ça dure… et vous parliez de me signer un petit papier déclarant que vous vous étiez suicidée de bonne volonté ?
Je la contemple un peu ironiquement. Elle est très au-dessus de moi et ses jambes gantées de dentelle jouent avec les franges de sa robe dont les fils de soie tirent à eux tout ce que je possède de nerfs encore disponibles.
— Inutile de me rappeler ma sottise, mon cher ami. Ces histoires-là, de loin, ça fait pitié. On a l’idée très nette qu’on a été, un temps, enfermé dans un cabanon.
— Le danger, Line, c’est quand un des deux fous reste dans ce cabanon.