A.—On entend souvent l’expression: Sept à huit personnes. C’est une faute. Il faut dire: Sept ou huit personnes. Voici la règle: entre deux nombres consécutifs, il faut employer la conjonction ou lorsque le substantif qui suit est indivisible, et à s’il est divisible: Il y avait sept ou huit personnes. Il y a cinq à six lieues. Dans cette dernière phrase, on devra dire: cinq ou six lieues, si l’on veut spécifier que c’est l’une ou l’autre de ces deux quantités.

Ne dites pas: j’ai plusieurs endroits à aller; mais: il me faut aller à plusieurs endroits.

à matin, à soir, sont des expressions fautives que l’on entend tous les jours pour ce matin, ce soir.

On doit dire: cent bottes de foin par et non à l’arpent.

C’est une faute d’employer à, aux, pour de lorsqu’il s’agit de désigner la substance qui compose un mets. Il faudra dire: compote de pommes; marmelade de pêches; confitures d’abricots; fricassée de poulet; gelée de veau, pâté de lièvre, salade de homard, etc. L’emploi de à indique que la substance mentionnée n’est qu’un accessoire, ou désigne la manière dont un mets est apprêté: omelette aux fines herbes, gelée au rhum, macaroni au gratin.

Cette laitue monte à graine, à la graine, sont des expressions fautives. Il faut dire: Cette laitue monte en graine.

On ne doit pas dire: il insiste, il demande, il consent à ce que vous veniez; mais: il insiste que ou pour que, il demande que, il consent que vous veniez.

A ne saurait être employé pour de exprimant un rapport de possession. Le pré d’un tel, et non: le pré à un tel. L’Académie fait une exception pour la locution populaire: La barque à Caron. On emploie aussi quelquefois à, dans ce cas, par plaisanterie.

Il faut dire: ne servir de rien, et non: ne servir à rien. Cela ne sert de rien d’essayer de le convaincre.

Ne dites pas: Il est parti à Québec, mais pour Québec.