Éditeur.—C’est un anglicisme d’appeler éditeur le rédacteur d’un journal. L’éditeur est celui qui imprime le journal et qui est responsable de ce qui s’y imprime; c’est aussi le propriétaire ou le gérant. Le rédacteur, en français, rédige le journal.
Éditorial.—N’est pas français. Tiré de l’anglais. Ne dites pas article éditorial, mais article de fond, premier-Montréal, premier-Québec.
Effardocher.—N’est pas français. Dites essarter: enlever les broussailles, les jeunes pousses et les buissons.
Effet.—À l’effet que est une expression vicieuse. Au lieu de: C’est une clause à l’effet que, dites: C’est une clause statuant que. On donne aussi, mais à tort, à cette locution le sens d’à savoir, c’est-à-dire.
Effrayamment.—N’est pas français. Dites effroyablement.
Effrayant, Effroyable.—Il y a peu de différence entre ces deux mots. Quelquefois cependant on emploie, à tort, effrayant au lieu d’effroyable. Il faut dire: dépense effroyable (excessive), et non effrayante; l’étendue des cieux est effroyable (prodigieuse), et non effrayante; l’effroyable (étonnante) fécondité de l’abeille, et non l’effrayante fécondité. C’est-à-dire qu’effroyable a le sens d’effrayant; et en outre celui de prodigieux, étonnant, excessif. Cet adjectif effrayant est employé très fréquemment ici, mais à tort, avec un sens extensif qu’il n’a pas en français, comme dans ces phrases: Il fait froid, c’est effrayant. Il y avait du monde, c’est effrayant.
Effrondement, Effronder.—Corruption d’effondrement, d’effondrer.
Égousser.—N’est plus français. Dites écosser des pois, des fèves, des haricots.
Égrandir.—N’est pas français. Corruption d’agrandir.
Égrémiller.—N’est pas français. Dites égrener (des épis), émietter (du pain).