Ressource.—S’emploie à tort pour source, dans l’expression: eau de ressource. Dites: eau de source.
Ressoudre.—N’est pas français. Corruption de sourdre. L’eau sourd près d’un rocher. Quelques secondes après être tombé à l’eau, il est revenu à la surface, il a émergé, et non il a ressous.
Dites: Il est arrivé inopinément, et non il a ressous tout d’un coup. Cette expression vient du terme de marine: nuage qui sourd à l’horizon, c’est-à-dire qui s’élève, qui surgit à l’horizon.
Restant.—Ce mot est souvent employé, à tort, pour reste. Restant ne se dit absolument que des choses matérielles, que de ce qui reste d’une quantité ou d’une somme exacte. Reste s’emploie au moral et dans le sens abstrait, comme au propre. Un reste de lumière, d’honnêteté, de sensibilité, et non un restant. Le reste des hommes, et non le restant des hommes. Le reste, et non le restant du troupeau.
Restaurant.—Lorsque vous voulez désigner l’endroit où l’on s’arrête pour manger, en voyageant en chemin de fer, dites buffet, et non restaurant (qui désigne l’endroit où l’on donne des repas à des prix convenus).
Rester.—Au lieu de rester bête, dites: demeurer sot, abasourdi, à quia, déconcerté, interdit.
On emploie très souvent ici le mot rester dans le sens de demeurer, habiter: il reste dans telle rue, à tel étage. Ce n’est pas français. Rester a bien le sens de demeurer, par opposition à s’en aller (nous sommes restés trois mois à Montréal), mais il ne doit jamais s’employer dans le sens de résider.
Resté dans le sens de fourbu, rendu, exténué, las, n’est pas français.
Restituer.—N’a pas, en français, le sens de vomir, rendre.
Résumer.—Signifie en français: faire un résumé de. Résumer un débat. C’est un anglicisme (to resume) de donner a ce mot le sens de reprendre, continuer (un débat, un travail, etc.).