Cornailler.—Est, en français, un terme de menuiserie. C’est une faute de l’employer pour signifier corner, encorner, frapper avec les cornes, en parlant d’un bœuf, d’un bélier. Ce bœuf a corné, a encorné son maître, et non, a cornaillé son maître.
Cornet.—Quelques-uns désignent à tort par cornet l’instrument que nous nous mettons à l’oreille en conversant par le téléphone. Il faut dire récepteur. La partie dans laquelle on parle est le transmetteur.
Cornettiste.—Anglicisme (cornettist); n’est pas français. Dites cornet pour désigner la personne qui joue le cornet. De même on dit: un cor, un tambour, une trompette, une clarinette pour celui qui joue ces instruments.
Corn-starch.—Terme anglais. Se traduit par amidon de maïs.
Corporation.—Une corporation est une communauté civile composée des habitants d’une localité, et qui existe légalement en vertu d’une charte émanant de la couronne ou de nos législateurs. C’est un anglicisme de donner à corporation le sens de municipalité (signifiant le territoire administré par des officiers municipaux); ou de désigner ainsi le corps des officiers qui administrent une municipalité. Il faut dire: La municipalité de Québec renferme maintenant St. Sauveur, et non la corporation.... La municipalité de Montréal a décidé que.... et non la corporation de Montréal... L’hôtel de ville est appelé, mais à tort, corporation.
Corporence.—N’est pas français. Corruption de corpulence.
Corps.—On dit, à tort, un corps de flanelle, un corps de laine, ou simplement un corps pour désigner le vêtement que l’on porte sous la chemise. L’expression française est gilet (de flanelle, de coton, ou de laine, selon le cas). On dit quelquefois aussi tricot et camisole, en français.
C’est une faute d’appeler corps mort un tronc d’arbre étendu par terre dans une forêt. Corps mort désigne en français des poutrelles enterrées au bord d’une rivière où l’on construit un port, et aussi une espèce de bouée.
Corvée.—Cette journée de travail que se prêtent mutuellement nos cultivateurs, dans un moment de besogne pressante, ne peut s’appeler corvée, car ce mot implique non un travail volontaire, mais un travail obligatoire. Les seules expressions françaises qui me paraissent rendre l’idée sont journée d’aide, ou simplement coup de main. (M. Fréchette, Patrie du 9 mars 1895). Il lui a donné un coup de main, pour ramasser ses récoltes.
Costume.—Le costume est l’habillement qui distingue les personnes constituées en dignité ou chargées de fonctions publiques. Le costume de ministre. Mais il faut dire uniforme, et non costume, pour désigner l’habillement porté par les élèves d’un collège ou d’un pensionnat de jeunes filles, et celui des militaires.