Celui-là me paraît égal aux dieux qui, assis en face de toi, écoute de près ton doux parler,

Et ton aimable rire : ils font tressaillir mon cœur dans mon sein ; la voix n’arrive plus à mes lèvres.

Ma langue se brise, un feu subtil court rapidement sous ma chair ; mes yeux ne voient plus rien, mes oreilles bourdonnent.

Une sueur glacée m’inonde, un tremblement me saisit tout entière ; je deviens plus verte que l’herbe, il semble que je vais mourir.

Eh bien ! j’oserai tout, puisque mon infortune…

Sapho.
(Traduction Em. Deschanel.)

Le baiser lesbien

CLONARION ET LÉAENA

Clonarion. — On dit d’étranges choses de toi, Léaena ; que Mégille, cette riche dame de Lesbos, te caresse comme ferait un homme. Qu’en est-il ? Cela est-il vrai ?

Léaena. — Il en est quelque chose.