—C'est de l'or!... Je ne le vends pas, celui-là... Oh!... oh!... oh!...

Pour ne pas entendre de nouveau son vilain cri de fou, moitié homme, moitié bête, Oppenheim pressa le pas. Whipple lui demanda à manger; il lui tendit un de ces biscuits de matelot qu'on dévorait alors au Yukon en guise de pain, et l'autre s'en alla chez Boucher, où il entra, répétant son éternelle plainte:

—Oh!... oh!... oh!... voyez mon or! qu'il est bon à manger! Ah! qu'il est donc bon!

Il n'y avait plus que Juneau avec son ami dans la cabane, et les pensées qu'ils ruminaient n'étaient pas des plus pacifiques. Tous les deux détestaient Oppenheim et le Push. En voyant leur première victime, Boucher eut une inspiration; il saisit le survenant à bras le corps, et, le regardant dans les yeux:

—Whipple... veux-tu que je vende pour toi ton claim?

—Non... il est plein d'or. Je le garde comme vous, Boucher. On m'a pris l'autre. Oh!...

—Oui, nous savons, Juneau et moi. Mais nous ne sommes pas du Push, nous autres... Si on te le vend, tu auras de l'argent plein, tout plein tes poches, pour t'en aller au sud.

—Vrai?... Mais je suis riche, moi, et je mange de l'or. Regardez!

—Tiens, voilà de la viande, c'est meilleur: signe ce papier et je te la donne. C'est meilleur à manger, va.

—Non! je...