—Supposition dont j'attends encore la preuve!

—D'ailleurs, quelque chose me dit qu'il a trouvé la veine mère... Voyez avec quelle quantité de provisions il est reparti!

—Probablement, il avait manqué de mourir de faim auparavant, intervint Pat.—Grand bien lui fasse!... Ces saucisses de Francfort sont délicieuses. Je vais en faire réchauffer. En voulez-vous?... Moi, je ne retourne plus aux steeple-chases des découvertes; ce que j'ai me suffit, et j'irai, cet hiver, faire une tournée à mon foyer domestique. J'ai une femme, moi!

—D'autres ont des fiancées, dit Robert.

Et aussitôt il se mordit les lèvres.

Tildenn tressaillit: une radieuse figure venait de lui apparaître, un beau regard qui se levait sur lui comme un soleil au sortir de la brume... Non, cependant, voici la veine, le métal fauve aux reflets de flammes—les flammes du volcan qui le rejetait des entrailles du monde... Mais il disparaissait de nouveau devant le fier, le triste visage d'Aélis: «Revenez... oh! revenez... nous avons si peu de jours à passer ensemble!»

Et Tildenn soupira:

—Robert, vous êtes dur! N'est-ce pas pour elle que je veux suivre cet homme?

—En êtes-vous sûr?... Allons, venez au sud, avec nous, comme les oiseaux... Nous reviendrons... Une heure avec elle vaudra mieux que toutes les veines mères du monde... Voilà plus de deux ans que nous sommes ici; comme Pat, je vais aller me refaire en pays civilisé, peut-être même jusqu'en France... J'ai besoin de rire, de chanter, de dire des sottises... Rien qu'à en parler, j'en suffoque!... Et vous, nous laisserez-vous partir seuls? C'est impossible... Rappelez-vous qu'il faut du repos, même à une machine yankee: après, les rouages en fonctionnent deux fois mieux.

—Voilà qui est parler d'or,—dit Pat, la bouche pleine.—Oh! la bonne choucroute!