Le dessous du plateau était centralement rivé au sommet d'un étroit poteau d'aluminium cylindrique et vertical constituant le corps même de l'objet.
Une longue tige, pareillement en aluminium, plantée de côté dans la région supérieure du poteau, s'élevait obliquement vers le ciel, plus haut que le plateau circulaire, et finissait en se ramifiant triplement. Chacune de ses trois branches soutenait debout à son extrémité un chronomètre assez grand, auquel s'adossait un miroir rond de même circonférence; les trois cadrans, s'ignorant l'un l'autre, se trouvaient orientés extérieurement dans trois sens divergents, alors que les trois disques de verre étamé faisaient face à un commun espace médian et, respectivement, regardaient à peu près l'ouest, le sud et l'est. Actuellement le premier miroir recevait directement l'image du soleil et la dardait en plein sur le second, qui la renvoyait vers le plateau-nacelle, tandis que le troisième ne semblait jouer aucun rôle. Chaque miroir tenait à son chronomètre par quatre tiges horizontales délicatement dentées, fichées individuellement en haut, en bas, à droite et à gauche dans le revers de son pourtour; ces tiges, dans les trois cas, traversaient le chronomètre de part en part et pointaient de l'autre côté, en marge périphérique du cadran, un peu inférieur comme diamètre à l'ensemble du mouvement d'horlogerie.
Actionnées par d'invisibles roues dentées en rapport avec le mécanisme des chronomètres, les tiges, par une grande variété de progressions et de reculs, pouvaient donner aux miroirs toutes sortes d'inclinaisons; l'avant de chacune se composait d'une petite boule métallique emprisonnée aux deux tiers par une sphère creuse incomplète adaptée au dos du miroir en jeu; ce mode d'attache se prêtait facilement aux déplacements du disque réfléchissant dans les sens les plus divers.
Chaque jour le triple système suivait le soleil dans sa course, du lever au coucher. Pendant la matinée le miroir tourné à l'est recueillait en premier l'ensemble des feux étincelants; après le passage de l'astre au méridien il devenait inactif et son vis-à-vis prenait son rôle. Militant depuis l'aurore jusqu'au soir, le miroir contemplant le sud reflétait toujours en deuxième, pour les braquer dans une direction invariable, les effluves radieux que lui décochaient sans interruptions l'un ou l'autre des brillants disques voisins.
Sur le milieu de la tige oblique triplement ramifiée à sa fin s'élevait un court support droit, presque aussitôt divisé en deux branches courbes formant une moitié de circonférence aux cornes pointées vers le zénith. Ce demi-cercle, perpendiculaire à l'idéal plan vertical dans lequel se trouvait la tige oblique, pouvait servir de cadre partiel à une puissante lentille ronde qui, assimilant son diamètre horizontal au sien, était fixée intérieurement par deux pivots à la portion culminante des branches courbes.
Placée avec précision sur le chemin du faisceau lumineux répercuté en second par le plus lointain miroir, la lentille était couchée parallèlement aux rayons qui l'inondaient.
Un chronomètre de dimension minime, dont le cadran ornait extérieurement la partie haute d'une des branches courbes, avait pour mission de faire virer la lentille à tels moments strictement déterminés, grâce à une subtile accointance entre son mouvement et le pivot contigu.
Assurant la stabilité de l'ensemble, une tige métallique horizontale, terminée comme un demi-haltère par un contrepoids en boule, était vissée dans le poteau d'aluminium du côté juste opposé à la lentille et aux miroirs.
Une immense aiguille aimantée, semblant provenir de quelque géante boussole, traversait perpendiculairement le poteau à mi-hauteur et, présentant la même longueur de part et d'autre, servait, par son magnétisme, à toujours maintenir, durant les vols, l'ustensile aérien dans une orientation immuable. Sa pointe nord était placée droit au-dessous du miroir inspectant le sud, alors que son piquant méridional coïncidait de façon similaire, mais à moindre distance, avec le contrepoids sphérique.
Comme base, trois petites griffes d'aluminium, courbes et tout unies, rappelant en miniature les pieds d'un meuble, supportaient le bord inférieur du poteau; chacune appuyait son extrémité sur le sol, en donnant à la hie une assiette suffisante, et montrait extérieurement, tout au bas de sa courbe régulière et sortante, le cadran d'un chronomètre exigu à peine plus large qu'elle-même.