A la question posée l'homme au parchemin fit cette brève réponse:
«Un cob.»
Juste à l'instant où résonnait le dernier mot, le seigneur, ouvrant les doigts, tourna la tête à droite avec une prodigieuse brusquerie et porta aussitôt ses deux mains vers sa nuque, comme par l'effet d'une douleur d'ailleurs vite oubliée.
Puis, se mettant debout, il alla en chancelant jusqu'à l'homme, qui lui dressa devant les yeux son parchemin, où le mot «Cédule» servait de titre à quelques lignes suivies d'un nom sous lequel était grossièrement dessiné un cheval à courte encolure épaisse.
Sur un ton de suprême angoisse le seigneur répétait, le doigt tendu vers le croquis équestre:
«Le cob!… le cob!…»
*
* *
Mais déjà Canterel nous faisait franchir, dans le sens habituel, une brève étape et s'arrêtait devant un enfant de sept ans environ, qui, tête et jambes nues, était assis, en simple costume bleu d'intérieur, sur les genoux d'une jeune femme en deuil très couverte, installée sur une chaise posant à même le sol.
L'aide, par un détour fait derrière la scène, s'était un instant approché de l'enfant et se dirigeait maintenant à grands pas vers l'acteur au cou dégagé.
Un second œil-de-bœuf, en tout semblable au premier, nous permit d'entendre clairement le garçonnet, d'ailleurs peu éloigné de nous derrière le mur transparent, énoncer ce titre: «Virelai cousu de Ronsard» puis réciter avec justesse toute une pièce de vers, pendant que son regard se mêlait à celui de la jeune femme et que ses gestes, pleins d'à-propos, soulignaient chaque intention contenue dans le texte.