Pauline passa au confessionnal une demi-heure fort agréable. A mesure qu'elle détachait les fruits lourds du péché, l'arbre allégé redressait ses branches, reprenait son attitude printanière.
« C'est aussi un peu, songeait-elle, comme quand Amélie me lave la tête. A mesure que les ondes fraîches m'inondent, je me sens devenir plus légère, débarrassée d'un voile lourd, du crêpe des soucis. »
En songeant cela, elle avait honte, car elle aurait dû être tout entière à la contrition et participer par des élans de repentir aux indulgentes paroles du prêtre.
« Mais c'est bien cela! poursuivait-elle en elle-même. Et puis, cette sensation de bien-être que j'éprouve, n'est-ce point la preuve même de l'action du sacrement sur la pécheresse? »
Elle avait conté doucement, sans forfanterie, mais sans réticences, toute sa vie depuis deux ans.
— J'ai péché contre la chasteté.
— Bien. Toute seule?
— Non.
— Avec votre mari?
— Oh! non.