« Où vais-je baiser ma petite amie pour la réveiller? Sur ses cheveux? Sont dorés, mais ne dorment pas. Sur ses yeux? Sont dorés, mais ne dorment pas. Sur sa toison? Oui, petite amie, sur ta toison, car ta toison dort.»

La petite madame Doucin crut qu'elle allait pleurer, elle n'en fit que la grimace : les nerfs de sa face révolutionnée se contractaient, elle voulait pleurer, elle n'en faisait que la grimace…


Premier déjeuner. On descend en toute petite toilette, un à un : des bonjours ensommeillés. Primary est là, qui guette :

« Pourvu qu'elle ait entendu! Petite pâlotte, petite langoureuse, petite fondante, tu avais besoin d'un coup de fouet… Hé! elle aura été cinglée… Quelques zébrures, oh! qu'un seul baiser effacera! Je ne suis pas si méchant qu'on le dit, oh! non, puisque je me contente de les faire saigner par métaphore, pauvres anges! »

Tout le monde est descendu : on attend la petite madame Doucin.

« Elle est si paresseuse, la chère mignonne! » dit la petite madame Crocœur.

Elle vient, la petite madame Doucin, elle vient, en songeant : « Je voudrais pleurer et je n'en fais que la grimace… Et toute la nuit, cette grimace! En dormant, je la sentais qui revenait toujours, toujours… Pourvu que cela se passe! Il va me trouver si laide! Oh! monstre, c'est toi! Et je t'adore… »

Elle vient, elle entre, Primary s'avance et la salue.

Elle va pleurer? Non, elle n'en fait que la grimace… (« Mais, elle a un tic! »)… une si vilaine grimace que tout le monde éclate de rire.