— Aux bêtes, le chrétien! Aux bêtes, aux bêtes!
Peu après midi, le cirque fut ouvert et Phocas parut dans l’arène. Sans souci des hurlements de la foule heureuse, sans songer aux fauves ni aux taureaux, il cria d’une voix forte :
— Je suis chrétien!
Puis il s’agenouilla et attendit, en priant.
Ce fut un taureau qui sortit de l’ergastule.
La bête fonça sur sa proie, la transperça d’un coup de corne, la fit sauter en l’air, puis s’éloigna.
Phocas retomba au milieu d’une pluie de sang. Il n’était même pas évanoui et, comprimant son ventre d’où sortaient ses entrailles, il put se remettre à genoux et continuer sa prière.
A ce moment, il aperçut, près de la porte de l’ergastule, Amasius et ses soldats qui avaient été postés là, l’épée au poing, pour chasser la victime au centre de l’arène, si elle cherchait à fuir vers les caves ; il reconnut ses amis, et, rassemblant ses forces, se souleva pour leur envoyer, d’une main lourde, un signe d’amour et un signe d’adieu.
Les soldats, qu’un désir de gloire et de mystère avait touchés, se consultèrent un instant ; puis, tous, d’un bond, coururent à Phocas, en criant :