— Oui, je crois que vous me gagnerez, aujourd’hui. Je ne suis pas en train, la lutte va m’être difficile. Il y a des soirs où je me sens ivre, — ivre de l’ivresse douloureuse que provoquent certains poisons.
Je demandai :
— A quoi attribuez vous cela? Vous n’avez pas un tempérament nerveux.
Après de l’hésitation, il dit lentement :
— A quoi j’attribue cet état? A des choses anciennes, à une histoire, à des coïncidences, à des souvenirs… Enfin, je ne puis, ni ne veux préciser.
Ces derniers mots furent prononcés un peu sèchement et je répondis sur le même mode :
— J’ai été indiscret, je vous en demande pardon, et d’autant plus volontiers que tout cela m’est fort indifférent.
Pour pallier mon impertinence, j’ajoutai :
— Le jeu suffit à ma curiosité.