(Verlaine)

Ce vers admirable n’a, à la sixième syllabe, aucun accent ni fort ni moyen ; il n’a même que onze syllabes. Le vers de Victor Hugo, qui lui a servi de patron, a bien ses douze syllabes et, en dehors des deux césures après quatre et neuf, un accent très léger, mais que la diction peut fortifier, sur la syllabe traditionnelle :

Chair de la femme || argile | idéale || ô merveille.

Jusqu’ici, quoique par des principes différents, nous sommes d’accord avec M. Kahn : le vers est un ; il ne comporte pas de césure fixe ; le rythme doit tendre à faire coïncider ses temps forts avec les temps forts de la pensée.

Il est plus facile encore, sans doute, de s’entendre sur la numération.

Depuis le XVIIe siècle, la plupart des vers français contenant des e muets sont faux. Reprenons Racine :

11. Il sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille.

11. Au moment où je parle, oh, mortelle pensée.

11. Et des crimes, peut-être inconnus aux enfers.

10. Malheureuse ! voilà comme tu m’as perdue.