—«Pourquoi ne m'aimes-tu pas?»
Aubert tremblait, aussi, mais tel que sous la domination d'un animal fascinateur. Ce frêle serpent aux yeux d'anémone l'attirait sûrement dans l'orbe de ses replis: d'insensibles mouvements l'avaient rapproché de Sarah, au point qu'il sentait la caresse de ses cheveux traîtres et la tiédeur des souffles évaporés de son corsage… Leurs bouches se joignirent: Sarah mordait,—car elle était de ces femmes qui ne sentent la chair que sous la dent,—la nacre de ses dents mordait…
Et parmi les prochains désirs, voici le sexe à la porte d'or…
Maîtresse d'elle-même, Sarah se roidit comme un rêve, illusoire et hautaine:
—«Aubert, je me donne à toi, et n'oublie pas que tu m'appartiens. Je pars, c'est fini pour cette année. Je pars, mais écoute-moi, je reviendrai.»
Les sables, au loin déserts, perpétuaient leurs tièdes solitudes.
Dormir, presque dormir à l'ombre claire des dunes: nulle robe ne claquait au vent. Au milieu des varechs noirs, un rêve gisait, un rêve blanc comme la mort d'une mouette.
Les mouettes jouent et ne jouent plus. Les paquebots voltent, les fumées virevoltent, les briques tremblotent. Les ponts se dressent comme des potences: les mouettes jouent et ne jouent plus, les mouettes mélancoliques du Zuiderzée.